Drogué en psychiatrie. Récit dans un département de psychiatrie qui droguait ses patients.


Choc en psychiatrie, comment droguer légalement

Violence conjugale




Je suis entrée le premier novembre à l’urgence. Sur le point de rupture, mon couple était dans un état de violence verbale qui demandait un réajustement. Il n’y avait pas d’ouverture au niveau de l’échange avec mon mari. j’ai donc regardé plusieurs options, mais aucune ne fonctionnait. Depuis quelques semaines, il y avait un crescendo de violence au point ou la rupture était la seule solution.


Mon époux accepte de partir mais, il ne quitte jamais. Il reste et ajourne la date prévue pour quitter. Je vois qu’il ne quittera pas, qu’il faudra bien trouver une autre solution. J’écris, je lui dis que j’ai peu de lui, je tourne en ridicule ses crises, rien à faire, il est toujours dans la maison et ne collabore aucunement.


Mon mari m’offre d’aller chercher de l’aide. Des fois, entre ses balbutiements, il dit de l’aide de couple, des fois, il dit de l’aide pour moi. Je comprends que je vais passer par une évaluation mais, si cela peut m’aider à me séparer, je n’ai rien contre. Patrick est convoité par sa conviction qu’il faut me donner un diagnostic de magnaco dépression pour éviter la séparation. Il a demandé à mon médecin de lui envoyer une requête pour me faire évaluer en lui donnant des exemples de certains de mes comportements.


Ce dernier, mon médecin de famille, m’a téléphonée juste après, pour valider cet état de fait. Malheureusement, le document était imprimé, il n’était pas possible de faire marche arrière. Denis a su, à ce moment, tout ce qui se passait.


Cette nuit-là, je sentis un gros prisme rectangulaire bleu m’apaiser. Ce prisme était situé au niveau du plexus solaire. Un sentiment tellement étrange que je n’arrive pas à expliquer pourquoi je sais que c’est mon médecin qui était avec moi. Je ressentais Denis tellement fort qu’il s'est à ce moment fusionné avec une partie de moi. Je sais que je peux lui faire confiance, qu’il est avec moi en pensée.

Denis est mon médecin depuis plus de 25 ans. Il a toujours été derrière son bureau à m’écouter. J’ai toujours senti qu’il y avait un lien entre nous, que nous devions éviter d’être à quelques cm l’un de l’autre mais, dans la vie, il faut choisir. Il est beaucoup plus vieux que moi, donc, il était placé dans la case médecin de famille. Cela ne m'empêchait pas de chercher à toujours le faire rire. Il était le médecin qui était droit, compréhensible, toujours avec une attitude sérieuse et sans dérive. Le médecin que tu définis comme étant pas particulièrement gentil, tu dis davantage qu’il est à l’écoute.

Très grand, pour le suivre, c’était un marathon à grande vitesse. Mon faible sens de l’orientation et mon petit 5 pieds et trois pouces me forçaient à courir car, il était facile de se perdre dans les corridors. Il n’oubliait jamais de m’expliquer comment revenir sur mes pas. Mon plaisir était de le sortir de son attitude sérieuse en faisant des blagues. Je ne réussissais pas vraiment toujours mais souvent.

Cette nuit-là j’ai ressenti un sentiment difficilement définissable. Une énergie de paix, d’amour. J’ai ressenti que je venais de me marier sans cérémonie à une personne que je ne connaissais pas. Il était devenu étrangement ma moitié. J’ai dormi un nuit profonde comme une princesse qui est sous le charme d’un pouvoir enchanteur. Je sentais que je pouvais compter sur lui. Je n’avais pas de mot pour l’expliquer. La seule chose, c’est que tout était trop étrange pour moi.


Une moitié que je ne croyais plus, j’avais mis ce rêve d’adolescente à 25 ans dans un placard. Je ne voulais plus être en amour et je me suis promis que le prochain, je ne l’aimerais pas pour pouvoir garder ma tête. Je voulais fonder une famille avec une bonne personne mais, ne pas perdre la tête par amour. J’avais déjà lu sur ces hommes manipulateurs contrôlants et j’en avais eu un pendant un an. Je ne voulais plus souffrir par amour. Je voulais une famille. J'avais trouvé un homme travaillant et qui avait l'attitude d'une personne Asperger.


Patrick m’invite à aller chercher de l’aide. Je sais que c’est de la manipulation. J’entre dans la voiture pour me rendre en psychiatrie. Vu les publicités sur la violence, j’ai espoir qu’on prenne au sérieux ce qui se passe. Je marche derrière mon mari qui est nerveux. Il est clair qu’il n’est pas à l’aise avec sa démarche. De mon côté, je sais que je vais demander de l’aide pour tenter de trouver un terrain d’entente pour une séparation. Je suis sur un sentiment de libération.

Depuis plus de deux semaines, je cherche, je demande à mon mari de partir, lui écrit qu’il est anormalement dangereux par sa violence. Cette fois-ci, je dois demander de l’aide et l’aide est dans ma tête à la psychiatrie, l’endroit où mon mari m’amène.


Entré à l’urgence, le temps d’attente est très court. L’infirmière prend la déposition de mon mari et par la suite, je demande de faire mon discours seule. Je lui dis rapidement que c’est de la violence conjugale et qu’il faut qu’il quitte. Il a été assez facile de me garder seule car avec le covid, les patients doivent être seuls.

Je me sens libéré et en sécurité. On m'amène dans une unité de l’urgence. Je demande qu’on téléphone à Denis. On refuse. L’infirmière est bête et rigide. Elle me traite comme une moins que rien. Je tremble. Je m’oppose à son attitude et lui offre une plainte officielle contre elle. J’en ai marre du ridicule.

Malheureusement, avec ces gens, on se sent coupable car on ne sait plus qui est violent. Moi avec mon attitude ou elle. Je finis par pleurer et laisser tomber ma plainte. Je finis par croire que c’est moi qui ai un problème. De toute façon, avec tout ce que je vis, il y a de fortes chances que ce soit moi.

Pendant deux jours, je partage une toilette avec plus de vingts personnes et regarde le personnel utiliser du pouvoir sur les autres en utilisant des centimètres et des coins non désinfectés. Le Covid fait sortir le contrôlant qui abuse largement de son pouvoir. J'ai par chance assez de lecture pour me divertir.

Je rencontre au bout de la deuxième journée, une psychiatre et son infirmière. Je demande de rencontrer une travailleuse sociale pour que l'on m'aide à construire une nouvelle relation. On cherche à me trouver un lit pour la nuit, donc, il y aura un lit demain pour moi en psychiatrie. Je passerai le test auparavant du Covid et du C difficile. Lorsque les résultatsnt arrivés, je pourrai transférer de chambre. Depuis deux jours, je regarde le nombre 69 sur le mur qui indique mon emplacement à l'urgence.

Durant l’attente, je revois les deux entrevues dans ma tête. Je commence à repenser à une question de l'infirmière. Elle m’a demandé si ce n’était pas mon mari qui aurait téléphoné à mon employeur. Effectivement, mon employeur avait refusé ma démission ce qui est bizarre. J’étais vraiment tannée du harcèlement institutionnel ouvertement dénoncé mais clairement étouffé par le syndicat. Je n’en peux plus, je veux ouvrir ma clinique. Moi qui pensais que c’était parce que j’avais informé le ministre de l’éducation de leur façon ridicule de gérer. Serait-ce mon mari?



Nous sommes au mois de septembre 2020. Le Covid ne nous a pas affectés. Nous avons acheté une seconde maison sur le bord de l’eau pour que je puisse ouvrir une clinique. Je suis enseignante orthopédagogue qui s’est formée pour travailler avec les mouvements rythmiques. Dans l’idée de base, nous souhaitons louer la maison et utiliser le local adjacent pour recevoir des clients.

Comme nous avons internet dans cette maison, on finit par s’y installer. Patrick a placé Netflix et on profite du bord de l’eau. Pour éviter le va et vient dans notre fermette, j’ai amené mes oies et mes canards sachant pertinemment que je ne suis plus en zone agricole. Merguez, le cochon ne semble pas trop s’y plaire mais les oies viennent marcher avec nous dans la rue comme des chiens. On est un peu sur un nuage.

L’enchantement prit fin lorsqu'une voisine fit une plainte. Nous avons dû tuer quelques canards et retourner les animaux à la ferme.

Nous sommes quatre dans la famille. Patrick mon mari, moi, Yuniel mon aîné de 8 ans et Hans le cadet de 6 ans. Nous avons deux chiens, trois perruches et un chat maintenant. J’ai gardé quelques canards malgré l’interdiction. Ils sont dans la rivière et il n’y en a qu’un qui monte venir manger sur la terrasse.

Je suis enseignante orthopédagogue et mon mari ingénieur. Nous avons adopté deux enfants. Le premier en République Dominicaine et le second de Chine. Yuniel présentait dès les débuts des caractéristiques d’un enfant TDA/H avec opposition, Toutefois, l’adoption est un chemin si difficile qu’il est impensable de se plaindre tellement notre chance est grande d’avoir un enfant.

Les débuts catastrophiques scolaires de Yuniel m’ont dirigé vers des études émergentes sur la rééducation du cerveau. Pour comprendre, j’ai pris deux formations, les mouvements rythmiques de Moera D'Humphrey et les cours du docteur Harald Bloomberg.

Avec le recul, je comprend mieux les raisons de la division des modes de pensées, toutefois, au Québec, il est impenssage de ne pas réunir les deux visions. Je suis emballée. Les écoles ne le sont pas. Je me tue à expliquer les résultats sur mon fils mais rien n’y fait. Je me bat pour expliquer à la hiérarchie, mes nouvelles connaissances. On me menace de ne pas en parler aux enseignants et aux parents. Malgré ma présence dans une école alternative, on m'oblige à garder les enfants assis.

Entre-temps, une connaissance Éloìse, entame un recours collectif contre le gouvernement pour mettre en lumière le harcèlement qui est institutionnalisé. Je réalise qu’il y a peu de chance de changer les choses sans passer par le chemin pénible de la cour.

J’apprends par l’investigatrice du recours collectif, les possibilités de poursuivre mon ancien employeur pour le harcèlement, abus de pouvoir et intimidation que j’ai vécu quelques années plus tôt dans la commission scolaire où j’habite, lorsque j’y ai travaillé deux années plus tôt. Les avocats sont payés par le gouvernement. Je décide donc de donner le mandat à un avocat.

Je ne crois plus au système scolaire, je suis régulièrement convoquée pour demander de ne pas utiliser des méthodes alternatives. Des méthodes qui font bouger les élèves en même temps que l’intégration de la matière d’apprentissage. J’ai beau lui donner les études de cas de chercheurs et lui envoyer des résumés, on me force à garder les élèves assis sur une chaise et ne pas les déranger.

Je compte sur Patrick pour m’épauler cette fois-ci pour un projet de clinique. Je l’avais épaulé quelques années auparavant et je trouvais que de me donner la chance de m’épanouir était tout à fait normal. Nous avons acheté une seconde maison pour faire la clinique donc, malgré la pandémie, je soumets un projet à la ville. J’ai des collaborateurs qui se proposent. Je sens le vent dans les voiles. Je veux y aller doucement car je suis fatiguée.

Je travaille avec les enfants 40 minutes par jour et déjà, les résultats scolaires et sociaux s’améliorent. Ma confiance en moi devient plus grande. Patrick travaille à la maison. Il est souvent là. Il regarde les mouvements et encourage les enfants à pratiquer.


Malgré les difficultés liées à l’adaptation, je sens que nous sommes une famille solide. Patrick et moi s'enlaçant devant les résultats négatifs que cause la pandémie. On réalise la tristesse des résultats psychologiques. Nous sommes découragés de voir la violence extérieure que cause la peur de la pandémie. Patrick est rigide mais on arrive à faire des compromis afin que sa rigidité ne soit pas dirigée vers nous. Il arrive que ce ne soit pas possible mais en général, on finit par accepter certains de ces comportements. J’explique aux enfants que papa est asperger et a de la difficulté à fonctionner de façon humaine. Que maman est hypersensible et qu’elle pleure trop facilement. Que personne n’est parfait, qu’il faut s’aimer malgré nos faiblesses. J’explique que crier et ordonner ne sont pas les bonnes façons de faire et explique comment une réaction empathique devrait être. Je fais de même avec mon mari. Je lui explique comment avoir une réponse empathique qui serait plus profitable pour nous tous. Il semble toujours ouvert.


Octobre nous amène les couleurs d’automne et notre mariage. Ensemble depuis 2002 et marié depuis 2004. Nous nous reposons l’un sur l’autre depuis 18 ans. Je n’ai jamais douté un instant de l’amour que Patrick me portait. Par contre, je trouvais son caractère rigide et violent difficile à vivre


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